JE ME SOUVIENS : 2. Films et livres (un tout petit choix)

(Suite de notre montage. C = Claire ; O = Olivier ; A = Alfred)

FILMS

C : Je me souviens du premier film qui m’a rendue heureuse des heures durant : SATURDAY NIGHT FEVER.

O : Je me souviens de l’expression dubitative mais compatissante de cette caissière de cinéma qui me permit de voir ET DIEU CRÉA LA FEMME à quinze ans.

O : Je me souviens d’avoir parfois rêvé (inventé de toutes pièces avec une imposante figuration et d’extravagants mouvements d’appareil) des scènes entières de films que je brûlais de voir.

C : Je me souviens de mes courses folles, la nuit, à Paris, à la recherche du cinoche qui me permettrait de revoir PHANTOM OF THE PARADISE (7 fois).

O : Je me souviens de mon premier film en Scope : THE GIRL CAN’T HELP IT de Frank Tashlin, avec Jayne Mansfield.

A : Je me souviens d’un cinéphile comptant le nombre d’animaux dans un film de Cecil B. DeMille et d’un autre, légendaire, maugréant sans cesse durant une projection : « Il sait pas cadrer, il sait pas éclairer », jusqu’à faire le vide autour de lui.

O : Je me souviens des quelques films qu’il « fallait » avoir vu pour sa « culture générale » : LES ENFANTS DU PARADIS (Ah, Arletty), LA GRANDE ILLUSION (folie que la guerre), STAGECOACH (un western, mais de qualité), LE CUIRASSÉ POTEMKINE (russe, certes, mais beau), le NAPOLÉON d’Abel Gance (visionnaire), LE MONDE DU SILENCE (les mystères des abysses), LE PONT DE LA RIVIÈRE KWAÏ (folie que la guerre).

O : Je me souviens de l’ennui profond, tétanisant, incommensurable qui me saisit en pleine période Hitchcockomane en voyant UN CONDAMNÉ À MORT S’EST ÉCHAPPÉ  de Robert Bresson.

O : Je me souviens d’un cinéphile toujours tiré à quatre épingles, qui tolérait les pires navets sans un soupir et saluait la fin de chaque projection par un énigmatique : « Un de moins à voir ».

O : Je me souviens de cette future Baronne, qui deviendrait l’arbitre des élégances et des bonnes manières longtemps après s’être exhibée en tenu légère sur Cinémonde et dans des films vaguement coquins sous le nom de Nadine Tallier.

O : Je me souviens de la belle Monique Just (J’IRAI CRACHER SUR VOS TOMBES, LE CRI DE LA CHAIR), qui habitait dans mon avenue et faisait l’admiration du quartier.

A : Je me souviens de John Ford dans une chambre d’hôtel de Paris, un crucifix sur sa table de nuit.

A : Je me souviens d’avoir rencontré Audrey Hepburn sur le tournage de CHARADE et d’avoir constaté qu’elle était bien plus photogénique à l’écran.

LIVRES

 

 


 

 

 

 

(Sartre… sans Boyard)

O : Je me souviens de ma dernière conversation avec Philip Marlowe.

C : Je me souviens de la nuit blanche que j’ai passée à relire à seize ans « Le Vieil Homme et la Mer ».

O : Je me souviens de cette sortie dominicale où j’essayai de retenir mes sanglots en lisant la mort de Porthos, sans prêter la moindre attention au paysage que me cachait un rideau de larmes.

C : Je me souviens de mes allées et venues dans le jardin parental pour espérer apprécier encore plus les « Rêveries du promeneur solitaire ».

O : Je me souviens des histoires de bêtes d’Elian J. Fimbert, qui chantaient avec lyrisme les exploits de chiens et de chats traversant la France pour retrouver leur maître.

A : Je me souviens d’une femme renonçant in extremis à acheter « Les Bêtises » de Jacques Laurent lorsque le vendeur lui signala qu’il était également l’auteur, sous le pseudonyme de Cecil Saint-Laurent, de « Caroline Chérie ».

A : Je me souviens de Roger Vailland s’inclinant tel un marquis devant une jeune femme lors d’une projection privée des LIAISONS DANGEREUSES.

O : Je me souviens d’avoir fumé ma première Boyard par dévotion pour Sartre, et d’avoir éprouvé des palpitations si effrayantes que j’y renonçais à jamais.

C : Je me souviens que mes camarades me prenaient pour une folle parce que j’aimais lire Pascal, Le Banquet, Le Neveu de Rameau.

O : Je me souviens des quelques livres qu’un jeune  homme devait avoir lus spour se « meubler l’esprit » avant de passer à des choses plus sérieuses : Roger Martin du Gard, André Maurois, Malraux et Jules Romains avaient particulièrement la cote.

C : Je me souviens avec quels délices j’ai dévoré « L’Idiot », « Souvenirs de la Maison des Morts », « Les Âmes mortes ».

C : Je me souviens combien j’ai pu aimer « La Vouivre » de Marcel Aymé, lecture conseillée par mon père, qui tenait ce livre de mon oncle.

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